La partie la plus sombre de l’entrepreneuriat, c’est l’élément émotionnel très demandant. C’est ainsi que l’entrepreneur et modérateur de l’évènement Vitek Horky a commencé son discours de bienvenue devant les participants de FACE Prague : « Umh ! I’ve something to tell you ». Cela vous semble-t-il décourageant ? Pas du tout car, heureusement, l’entrepreneuriat a son bon côté; un énorme, que nous voulons partager et débattre avec vous tout au long de ce quatrième évènement sur l’entrepreneuriat en Europe, ici à Prague et qui est centré sur les peurs sociales. Avec l’aide de quatre jeunes et brillants entrepreneurs, nous allons réviser les peurs les plus communes, les erreurs, questions et doutes que doit ou devra affronter chaque entrepreneur. Rejoignez-nous !
Une peur très commune à ne pas cacher
À vos débuts, vous devrez faire face à de nombreux défis. Certains vous les connaissez mais d’autres, un tas d’autres, vont surgir d’un seul coup, sur votre chemin, sans même les voir. Et la peur sociale est certainement l’un d’entre eux, car, dès que votre start-up prend corps, cela devient sérieux et vous sentez que l’aide- pas financière, sinon émotionnelle- est non seulement conseillée sinon qu’elle est essentielle. Et tous nos conférenciers à Prague sont unanimes sur ce point. « Quand je l’ai dit à ma mère, elle m’a répondue si j’étais fou ! Il y eu de nombreuses discussions à la maison, mais aujourd’hui ils sont heureux parce que je le suis » C’est l’histoire de la bulgare Kristina Tsvetanova, CEO et cofondateur de BLITAB Technologies, commune et partagée par de nombreux entrepreneurs qui, à leur début, n’ont pas bénéficié de l’appui qu’ils attendaient peut-être, mais qui ont gagné le soutien de leurs proches en leur démontrant les fruits de leur passion.
Un autre exemple, c’est l’anecdote concernant Marek Fodor. Quand il est allé vivre à Barcelone pour travailler dans les devises étrangères, ses parents pensèrent bien qu’il travaillait dans une étrange entreprise de monnaie. Cette amusante erreur prouve que le problème n’est pas toujours le fait que vous allez mettre en place une start-up que votre famille n’approuve pas, mais qu’ils ne comprennent pas vraiment ce que vous allez faire. Quand ils ont su ce que je faisais et que j’en étais heureux, ils ont compris », expliqua aux participants cet entrepreneur slovaque, cofondateur d’Atrapalo et Président de Kantox.
Quand il s’agit de surmonter la peur sociale de l’entrepreneuriat, il existe une clé que nous avons découverte pendant l’évènement FACE de Prague : il est essentiel de parler de vos pensées et de vos plans de futur- C’est ce qu’affirme Dennis Tan, cofondateur de Dashmote, qui très honnêtement nous a déclaré pendant l’évènement que « Je n’ai rien dit à mes parents. Le plus important est de toujours communiquer et de s’ouvrir. A la fin, vos parents veulent le meilleur pour vous et si vous leur montrer que vous les aimez, ils vont se sentir satisfaits. »
Une autre perspective de la peur sociale a été soulignée par Ragnar Sass, cofondateur de Pipedrive et cofondateur de Garage48 Hackathons. Pour cet estonien l’appui est très important car, l’échec et le succès dans l’entrepreneuriat, sont si proches qu’à un certain moment, l’entrepreneur devra faire face aux deux et quand l’échec arrive nous aurons besoin de cet appui. Il s’agit de surmonter le moment le plus dur de l’entrepreneuriat, se retrouver seul devant vos pensées et vos peurs.
« En tant qu’entrepreneurs et leaders nous devons être forts, » c’est comme si vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir des sentiments, affirme Vitek Horky. « C’est-à-dire que nous ne pouvons partager nos peurs avec d’autres personnes ». Et c’est faux. Il n’existe pas de faiblesse à parler avec un ami de vos sensations sur votre start-up, sur vos doutes. Selon les conférenciers, ce temps de partage d’idées et de peurs nous ramènera sur le bon chemin et nous remplira de motivation.
La motivation quotidienne du meilleur entrepreneur
Tous les bons entrepreneurs ont quelque chose en commun : Ils sont hautement motivés. Pour Kristina Tsvetanova, cet « élan » vient de son souci des usagers, « ce qui me fait coucher tard c’est de penser tout ce que je veux apporter à mes clients. C’est donner des morceaux de votre cœur. Si nous n’avons pas une certaine motivation intérieure nous ne mettrons jamais en place une start-up». Pour Tsetanova, sa motivation surgit d’un ami aveugle qui l’a poussé à mettre en marche BLITAB Technologies ; une start-up qui a créé la première tablette du monde pour non voyant.
Cette motivation peut avoir besoin d’un coup de pouce, comme le dit Fodor : « Je prends des risques et j’aime ça. Si vous n’en prenez pas, vous pouvez toujours entreprendre mais essayez, sortez de votre zone de confort et vous pourrez voir comment vous surmonter votre peur. » Cet engagement a été aussitôt souligné par Dennis Tan, en remarquant, que « Si vous voulez vraiment devenir un entrepreneur, lancez-vous. Louez un bureau et forcez-vous à entreprendre ».
Tous les experts sont d’accord sur le fait de ne pas reporter l’entrepreneuriat et pour Ragnar Sass, cela signifie que vous pouvez être un bon entrepreneur n’importe où « Vous n’avez pas besoin d’aller à Silicon Valley pour avoir du succès. En Estonie, un petit pays, nous avons apporté Skype alors… » C’est simplement pour montrer que les grandes start-up peuvent pousser dans n’importe quel coin du monde.
Question de l’audience
“Combien de temps cela prend-il pour réaliser que vous avez échoué dans votre entreprise ? » Cette question posée par Martina, n’a pas une seule bonne réponse, comme nous le confirme notre conférencier. Pour Dennis Tan, il est clair que «si vous n’êtes pas content pendant un certain temps, alors il vaut mieux arrêter. » Une réponse plus « empirique » offerte par Kristina Tsvetanova recommande de tout garder, de vérifier les points de suucès et de valider constamment le projet et l’idée. « Le mieux c’est de valider le plus tôt possible. » Quant au timing, Ragnar Sass est précis : « cela prend au moins deux fois plus de temps que celui prévu. Cela pourrait prendre un an ou plus. Plus vous parlez avec des gens et des clients, mieux se sera. »
Une autre question et idée qui a surgi pendant l’évènement c’est l’importance de cofonder votre start-up afin de partager ses peurs et ses ; cela rend aussi plus facile de s’engager publiquement. « Quand j’ai débuté, je n’ai rien dit à mon ami, je pense que je vais… mais je vais le faire, » se souvient Vitek Horky.
Celles-ci et d’autres questions furent posées par les participants internationaux qui se sont réunis au Ministère de l’Industrie de Prague. Après la rencontre, les conférenciers et les participants ont eu la chance de partager des idées et débattre amplement au cours d’une session de networking qui démontre l’objectif de l’évènement : Parler ouvertement sur vos doutes et peurs, partager vos idées et n’ayez pas peur d’échouer devant qui que se soit car, pour un entrepreneur, l’échec n’existe pas.
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01/03/2018 0 0 0